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Inspiration

Ce que Van Gogh m’a appris sur la vie

By 14 août 2019 septembre 1st, 2019 No Comments

Il a fallu seulement 37 ans à Van Gogh pour révolutionner la peinture et faire poser des jalons de l’expressionnisme et du fauvisme. C’était une génie d’une productivité sans borne, il a peint plus de 2000 toiles, écrit près de 800 lettres (dont 650 à son frère) et semblait connaitre l’intégralité de la peinture de son époque grâce à sa curiosité sans égale.

Comme on connait tous son auto-portrait au chapeau de feutre, on imagine qu’il a eu une vie de bohême, isolé dans le sud de la France, occupé à peindre les champs et les paysans. C’est également ce que je pensais, mais à force de lire les lettres perçantes qu’il écrivait à son frère et l’œuvre picturale qu’il a laissé, j’en ai appris beaucoup sur lui et un peu sur moi.

Voici ce qu’il dit.

 

Van Gogh l’enraciné

Mais si l’on veut croître, il faut s’enfoncer dans la terre. Je te dis donc : plante-toi dans la terre de Drenthe, tu y germeras, ne te dessèche pas sur le trottoir

 

Si Van Gogh a vécu à la Haye, Arles, Paris et de multiples autres endroits, il y est toujours resté pendant de longues périodes. Il aimait s’imprégner des paysages, dessiner ce qui l’entourait : sa chambre, ses chaussures, l’église d’Auvers-sur-Oise, les champs qui l’entouraient…

Il prend d’ailleurs pour exemple l’école de Barbizon et je ne peux que le citer. « Songe à Barbizon, cette histoire est sublime. Quand ils y vinrent ceux qui les premiers y firent leurs débuts, étaient loin de laisser voir tout ce qu’ils étaient vraiment au fond. Le pays les a formés : ils n’avaient qu’une certitude : on ne peut rien faire de bon en ville, il faut aller à la campagne, ils pensaient, je le suppose ; il faut que j’apprenne à travailler, que je devienne tout à fait différent de ce que je suis pour l’instant (…) »

Parfois, l’environnement fait tout. Il nous forme, donne corps à nos idées et nous permet d’enfin avoir un équilibre entre le connu et l’inconnu. « Change, en effet, mais c’est dans la bruyère qu’il faut changer ». En s’enracinant, on peut grandir. C’est la force des habitudes, la puissance de la routine. Comme il le dit à propos de Millet : « son paysan semble peint avec la terre qu’il ensemence ». On pourrait croire que cette routine ennuie, coupe toute créativité… Et pourtant, l’une des forces de Van Gogh, l’une des forces des grands artistes : c’est de montrer ce que tout le monde voit sous un nouveau jour. De voir ce qui est exceptionnel dans le quotidien qui nous entoure. Pour esuite nous partager son regard. Après avoir vu les tournesols ou les bruyères de Van Gogh, vous ne pouvez plus voir les tournesols de la même manière. L’image du tableau s’est glissée entre votre œil et le champ que vous êtes en train d’admirer et vous montre un nouveau monde que vous n’étiez pas capable de voir.

 

I am not interested in shooting new things. I am interested to see things new
Ernst Haas

Van Gogh aimait voir les choses sous un nouveau jour, voir les saisons passer lors de ses ballades. Il était fasciné par l’effet que le temps avait sur les choses. Par exemple, le vêtement grossier que certains paysans portaient : « Quand ces étoffes passent de ton et sont décolorées par le temps et la pluie, elles prennent un ton fin extrêmement doux ». Ou encore, les chaussures qu’ils avaient aux pieds dont il a fait plusieurs peintures, dont voici ma préférée.

Il y a une grande sagesse là-dedans : accepter que le temps passe et que le changement à quelque chose de magique et beau. Et si on n’arrive pas à avoir ce regard sur les choses, on peut temporairement adopter celui des autres puis le faire sien.

Van Gogh, de ce point de vue, n’était pas en reste. Lorsqu’on le lit, on a du mal à croire qu’il vivait au milieu de paysan dans le sud de la France. Il lisait en permanence, connaissait en détail presque tous les artistes de son temps et était capable de décrire de mémoire des centaines de tableau. Son génie n’est pas né hors de tous les mouvements picturaux de son temps, il est enraciné dedans et a grandi doucement.

Van Gogh et la patience

J’ai la patience d’un bœuf
Gustave Doré

Van Gogh passait beaucoup de temps à regarder, à dessiner et à peindre les paysans provençaux. L’un de mes tableaux préférés est sans doute ses mangeurs de pommes de terre. Il en a tiré un goût pour le temps long, pour la patience, pour la répétition. Il admirait particulièrement la manière qu’on les paysans pour guider la charrue ou herser le champ. Surtout qu’à l’époque, le travail se fait principalement à la main (sans traction animale) et nécessite une résistance physique sur le long terme. Comme il le dit si bien : « si on n’a pas de cheval, on est son propre cheval, c’est ce qu’une masse de gens font ici ».

Et de patience, Van Gogh n’en a pas manqué. Il a vécu la plupart de sa vie dans la misère, au crochet de son frère qui travaillait pour un grand marchand d’art. Ne mangeant presque rien. Sujet à la dépression et aux maladies. Malheureux avec les femmes. Mais aimant profondément la peinture.

La pauvreté n’a jamais été pour lui une excuse. Il a toujours trouvé des moyens pour continuer à pratiquer son art. Il n’avait pas de quoi payer un modèle, il demandait à la fille de sa logeuse. A l’employée du bordel d’à côté. A la prostituée qu’il hébergeait depuis quelques jours ? » (Ces anecdotes sont toutes avérées).

Et s’il n’avait pas de modèle, il peignait les champs ou les paysans au loin…

Même lorsqu’il était alité après son premier internement, il passait son temps à perdre ce qu’il voyait par la fenêtre et l’une de ses peintures les plus célèbres est celle de sa chambre. Pas d’excuse, jamais d’excuse.

S’il avait la force d’agir ainsi, c’est parce qu’il était profondément sûr de ce qu’il était.

J’aimerais mieux gagner comme peintre cent cinquante francs par mois que mille cinq cents francs par mois par d’autres moyens, même comme marchand de tableaux.

Profondément… Mais pas toujours superficiellement. Il est souvent traversé par des doutes qu’il décrit à son frère : « Je connais de deux personnes le combat qui se livre en elle : « je suis peintre », et « je ne suis pas peintre ». »

Il attribue ça à l’humeur, la mélancolie, la fatigue, l’avis de certaines personnes qui l’entourent qui doutent de lui avec les meilleures intentions du monde. Face à ça, sa réponse est sans appel :

Si quelque chose au fond de toi te dit : « tu n’es pas peintre », c’est alors qu’il faut peindre, mon vieux (…) il faut se mettre à l’œuvre avec un aplomb, une certaine conscience que ce qu’on fait est conforme à la raison

Et soudainement, tout passe. L’action résout. Et parfois il suffit d’une bonne nuit de sommeil pour calmer le système.

Van Gogh le déprimé

Le peintre était passé maître dans l’art de se remettre d’une déprime, il en avait connu tellement. L’un de ses petits plaisirs consistaient à se balader et à regarder ce qui l’entouraient, avec intensité. De porter son attention vers l’extérieur pour voir que les petits doutes qui nous traversent ne sont finalement pas grand-chose.

 

Quand enfin le crépuscule tomba, représente-toi le silence, la paix de cet instant (…) je rentrai à la maison et en m’asseyant devant le feu, je me rendis compte que j’avais faim (…) Mais voilà comment il en va ici. On a absolument la même impression qu’à une exposition des Cent Chefs-d’œuvre, par exemple. Qu’est-ce qu’on rapporte d’une journée comme celle-là ? Rien qu’une quantité de croquis. Tout de même, on rapporte autre chose : un tranquille désir de travailler.

 

Merci Van Gogh

 

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